François Maret, professeur d’arts visuels et d’histoire de l’art, est un talentueux médiateur pour transmettre son amour de l’art et des artistes. Il présente une histoire de l’art d’une manière originale en invitant à le suivre dans l’atelier des artistes. Depuis toujours, l’homme a ressenti la nécessité de dessiner. A la préhistoire, les hommes ont réalisé des peintures que nous admirons aujourd’hui. François Maret a choisi une cinquantaine d’artistes, « Accompagnez-moi à travers les siècles à la rencontre des grands maitres de la peinture ! ». Pour chaque grande période, il situe différents artistes sur une frise chronologique et apporte des informations très complètes sur le plan technique, les lieux décrits, les thèmes abordés… Reconstituer la vie d’un peintre dans son atelier sous forme de dialogues, accompagnés de reproductions des tableaux les plus célèbres et de dessins fort drôles, rend le récit très vivant. « Renaissance du Nord, 1430-1590, parmi les grands, Albrecht Dürer : le malicieux, le plus grand peintre allemand, a acquis une célébrité en faisant graver ses dessins. Son Rhinocéros a été diffusé à 5 000 exemplaires. Il peint la nature avec précision et poésie : «L’art véritable est dans la nature : qui sait l’en extraire le possède ». Après la « Haute Renaissance » dont le génie est Léonard de Vinci, « Au Baroque, 1600-1700 », savez-vous pourquoi Caravage fut surnommé le sauvage ? Ce peintre a dû souvent changer de ville, Syracuse, Malte, Naples… Il eut quelques problèmes avec des moines à cause de sa représentation de la Vierge un peu trop humanisée ! Et pourtant il exerça une influence considérable avec son clair-obscur et sa lumière ! Après le « Classicisme français 1600-1700 », le « Rococo 1715-1780 » va engendrer une réaction à cet excès de fantaisie : le « Néoclassicisme 1760-1830 ». Puis va arriver un mouvement de grande ampleur sur toute l’Europe, « le Romantisme 1780-1850 » dont Delacroix exprime la force des émotions : « Les couleurs sont la musique des yeux, elles se combinent comme les notes… certaines harmonies de couleurs produisent des sensations que la musique elle-même ne peut atteindre ». L’école des Beaux-Arts va imposer la suprématie des préceptes classiques, « l’Académisme 1840-1890 ». Le « Réalisme » succède à l’« Orientalisme ». Courbet écrit son « Manifeste du réalisme » en 1855. Les peintres de cette période sont les premiers artistes modernes : Daumier le caricaturiste, Millet le peintre des paysans… La photographie sera utilisée par les peintres comme document de travail. Meissonnier s’inspirera des photos du précurseur Muybridge pour peindre le galop du cheval avec exactitude. « L’impressionnisme » est une manière de regarder la nature, saisir l’instant fugace d’une réalité changeante, le mouvement, le reflet et les effets de la lumière… c’est la couleur et le geste qui donnent la forme et le volume. Les autres mouvements vont du « Post-impressionnisme 1880-1910 » à « l’expressionnisme 1905-1914 ». François Maret réussit une histoire de l’art captivante et pleine d’humour pour le grand public tout en décrivant avec une grande justesse les grands mouvements et courants artistiques de la Renaissance à la fin du XIX° siècle et en apportant des informations inédites sur les techniques de peinture de cinquante artistes les plus représentatifs.
François Maret, Dunod Graphic (BD)