Pierre Weill, ingénieur agronome, a consacré les trente dernières années de sa vie à mesurer les liens entre production agricole, environnement et santé. Cet ouvrage présente les conclusions de l’enquête menée avec des chercheurs, des paysans et des médecins, sur ce que nous mangeons. Il a écrit ce livre afin que « ces connaissances passent de la presse scientifique au grand public ». C’est un condensé de toutes les recherches dans sa thèse de biologie-santé soutenue en 2022. Marc-André Selosse, Muséum National d’Histoire Naturelle, « il ne suffit pas de dire les possibles : il faut les rendre convaincantes pour une large audience… C’est une telle œuvre d’attrait et d’avenir, si salutaire, que réussit Pierre en se racontant et en contant le monde ». Le récit à la première personne démarre en juin 2022, lors de sa soutenance de thèse « La santé des animaux et des écosystèmes profite à la santé des hommes ». Ses recherches ont commencé dans les années 1980 à l’ère des grandes monocultures. Il a rencontré un jeune agriculteur, Louis, qui a compris qu’il est en train de rendre ses terres malades. Dans des « Intermèdes », l’auteur donne des informations sur des sujets précis : quand le sol devient poussière, sel et soleil les débuts de la nutrition… Louis trouvait que ses vaches étaient souvent malades. Il a fait le lien entre l’herbe de printemps et leur état de santé. Après des analyses, il a été montré que « l’herbe soigne les vaches qui mangent trop de maïs ». Louis change son système fourrager et les maladies disparaissent ! Les essais vont s’enchainer avec des collaborations avec l’Institut de l’élevage et l’INRA. Ceux-ci vont valider l’idée que « nous pourrions, en partant du sol, participer à la prévention en matière de santé des populations. Un chef de service d’un hôpital et un professeur valident son projet, une première scientifique, une étude clinique pour mesurer les effets de ce que mangent les animaux qui nourrissent les gens. En 2002, il est montré que les aliments issus d’animaux nourris avec des graines de lin ont eu des répercussions positives chez les consommateurs volontaires. Pierre Weill explique qu’il a eu du mal à communiquer ces résultats au grand public. Il a été amené à créer une association « Bleu-Blanc-Coeur » pour porter le projet de One Health, santé unique. Les premiers articles avec le logo à fleur bleue apparaissent sur des produits fermiers. En 2006, médecin et chercheuse de l’INRA proposent des études à propos du diabète. Le changement climatique est aussi pris en compte. Le méthane y participe. Et si une explication biochimique liait deux phénomènes : celui qui produit le méthane et celui qui produit les acides gras ? D’autres études sont mis sur pied par rapport à d’autres maladies dites de « civilisation ». Une collaboration s’établit avec le Pr Gérard Ailhaud, biochimiste sur l’obésité. Ils ont mesuré les effets des produits « Bleu-Blanc-Coeur ». Il n’y a pas d’amaigrissement durable sans prendre en compte la composition des aliments en oméga-3. En 2021, L’INRA crée un grand projet collaboratif, Agralid : agriculture et alimentation durable. Un énorme effort de recherche collective se met en route. Les nombreuses publications scientifiques en témoignent. Des études sont menées sur la prévention en matière de santé humaine. A partir de 2010, il est beaucoup question du microbiote, en particulier sur son rôle en cas d’obésité. Entre 2017 et2024, a été mesuré l’impact des modes de production sur la qualité nutritionnelle des végétaux. En collaboration avec un grand chef, Thierry Marx, des tests ont été effectués pour voir la qualité sensorielle. Est-ce bon parce que c’est bien produit ? Thierry Marx a promu ces aliments issus de sols, d’animaux et d’écosystème en bonne santé. D’autres résultats intéressants seront obtenus dans l’étude de femmes enceinte et de bébés. Il cite en exemple un fromage fabriqué par les sœurs du couvent de Boulaur dans le Gers. Il n’a jamais vu une composition aussi intéressante, avec autant de nutriments bénéfiques à la santé de l’homme. Il fait des recommandations : Il faudra mettre plus de variété dans les paysages agricoles avec des graines oubliées ; Il faudra aussi des prairies et des bocages pour garder les sols couverts et préserver la biodiversité ; Il faudra diminuer fortement la consommation de toutes ces molécules de l’agrochimie. Dans cet ouvrage, Pierre Weill a partagé « tous mes espoirs, tous nos doutes, toutes nos difficultés, toutes nos réalisations. Son exceptionnel parcours de scientifique militant collaborant avec des paysans, des médecins et des chercheurs, suscite de l’admiration, de l’espoir et donne envie de s’engager pour diffuser ces résultats scientifiques confirmant les liens étroits entre les sols, les plantes et les animaux et la santé de l’homme.

Expédition forêts de la planète
Après « Expédition Antarctique », sous le même format original en quart de cercle, avec quatre double page se dépliant en forme de cercle, les mêmes auteure






